Chansons poétiques primées





CAFE-CONCERT
CHANSON
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION
DU PRIX DE LA ROSE D’ARGENT
A
MONSIEUR JJEAN-PIERRE CARRARO
D'AMBARES, EN GIRONDE.


1 - Mes loisirs ne sont pas pervers,
Ni non plus fantasmagoriques,
Mais musicaux et sympathiques,
Dans le genre café-concert.

Je me délecte des sourires,
Aimant la convivialité.
Adieu télé-réalité,
Ici l'on peut enfin revivre !
2 - Mais aujourd'hui quelle furie !
La moindre note est susceptible
D'exciter quelques irascibles,
D'attirer la gendarmerie.

Les fou-furieux qui vocifèrent :
« Ordre public, ordre public »,
Désormais nous envoient les flics.
Envoyons les au cimetière.
3 - Le bruit de l'usine à côté
Semble jamais les émouvoir.
Mais la moindre chanson le soir
Les fait ergoter, radoter.

S'ils aiment le calme sacré,
II n'y a pas meilleur endroit,
Qu'une sépulture de choix,
Dûment bénie et consacrée.
4 - Bientôt, plus un seul cabaret
Pour chanter l'amour du prochain.
Saltimbanques et musiciens
Rempliront la maison d'arrêt.

A moins que de trouver asile,
La nuit au fond d'un cimetière,
Chanter sur les tombes austères,
Réveillant quelques vieux fossiles.
5 - Fatigués du calme ennuyeux,
Et contents de pouvoir danser,
Ils se remettront à penser
Aux plaisirs les plus merveilleux.

Et les irascibles d'antan,
Qui n'ont pas su en profiter,
Heureux d'être ressuscites
Nous remercieront en chantant.

***


LES REVEURS DE GARONNE
CHANSON
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION
DU PRIX DE LA ROSE D’ARGENT
A
MONSIEUR JEAN-PAUL PUJOL
DE BLAGNAC, EN HAUTE-GARONNE.


Qui sont ces promeneurs
absorbés et songeurs,
qui suivent le fil de l'eau
en costumes et chapeaux?
Les yeux dans les lointains
des profondeurs de l'âme,
qui un livre à la main,
qui au bras d'une dame.

Ils longent la Garonne,
se croisent sans se voir,
sur la rive gasconne
ils marchent jusqu'au soir;
Les ombres qui s'allongent
au pied de ces «Illustres»,
et les miroirs de l'onde,
en font briller le lustre.

Sur la rive opposée
s'étend la «Ville Rose»,
Toulouse, la bien aimée
qui prend ainsi la pose;
Et les pêcheurs de sable
du port de la Daurade,
répètent, immuables,
leurs gestes mémorables

Peintres, amoureux, poètes
et Jaurès, front levé,
sans doute sont en quête
de beauté et de paix;
La tête dans les étoiles
ils marchent sur la toile,
Henri Martin les nomme...
«Les rêveurs de Garonne».