Poèmes en langue d'oc



POTSER SI QUE ERA GRISA LA MAR
UN POEME EN CATALAN
AYANT MERITE
LE NARCISSE D’ARGENT
A
MADAME MARIA DOLORS FORES SEDO,
DE REUS (CATALOGNE)

POTSER SÍ QUE ERA GRISA LA MAR

Potser sí que era grisa la mar
Sota els núvols de cendra del vespre.
Sobre l’aigua, només dues llums
Dalt del llom d’un vaixell que dormia.

Potser sí que el paisatge era trist
I les branques, desertes i immòbils,
No gaudien d’un bri de color
En l’avara foscor del capvespre.

Però tu m’agafaves pel braç !
Passejàvem tranquils, sense pressa…
Vells records ens sortien al pas
I en teixiem de nous, sota els porxos.

Dintre el fons del crepuscule cendrós,
Quina llum infinita hi havia
Quan tu i jo caminàvem plegats !
Allà dalt, la campana ho sabia.

PEUT-ETRE OUI QUE LA MER ETAIT GRISE

Peut-être oui que la mer était grise
Sous les nuages de cendre du soir.
Sur l’eau, seulement deux lumières
Au-dessus du flanc d’un navire qui dormait.

Peut-être oui que le paysage était triste
Et les branches, désertes et immobiles,
Ne jouissaient d’aucun brin de couleur
Dans l’obscurité avare du soir.

Mais tu me prenais par le bras !
Nous nous promenions tranquilles, sans hâte…
De vieux souvenirs venaient à notre rencontre
Et nous en tissions de nouveaux sous les porches.

Dans le fond du crépuscule cendré
Quelle lumière infinie il y avait
Quand toi et moi nous marchions ensemble
Là-haut, la cloche le savait !


***

REVISCOL
UN POEME EN LANGUEDOCIEN
AYANT MERITE
UNE MENTION AVEC INSERTION AU RECUEIL

A
MONSIEUR JEAN-FRANÇOIS COSTES
DE
PARIS (11e)


REVISCÒL

M’an dit qu’al blau miralh del vent
Le jorn li fèc aculhiment,
De pelhas d’aur vestida,
Se demorava al debrembièr,
Non dava pas pus alegrièr
Als ausents gardant consirièr
Que la cresián vencida.

Mès jos l’aflat del temps novèl,
Flor d’un asautiment tan bèl,
Se reviscòla viva,
Escrincelada d’estelum,
Quand ressondís le revolum
Rescaudurant le solelh trum,
Avalís l’aura auriva.


RENAISSANCE

On m’a dit qu’au bleu miroir du vent
Le jour l’accueillit
Vêtue d’oripeaux d’or,
Elle restait oubliée,
Ne donnait plus de joie
À ceux qui l’entendaient accablés par les soucis,
Car on la croyait vaincue.

Mais sous la conduite du temps nouveau
Fleur tellement plaisante,
Elle revit,
Ciselée d’étoiles
Quand retentit la tempête
Réchauffant le soleil sombre,
Elle dissipe la mauvaise brise du Nord.