Poèmes en langue française








L’EAU DU DÉSERT

POEME
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION
D’UNE EGLANTINE D’ARGENT
A
MME FREDERIQUE RAMOS
DE DRAVEIL, DANS L’ESSONNE.

J’ai recherché l’eau du désert,
Je l’ai bue à lentes gorgées,
Elle a le goût pur du mystère,
Celui des horizons lunaires
Que les lunes d’or réverbèrent
Au sein des nuits les plus glaciales…

Encore en mon corps elle exhale
Son parfum de terre profonde
Une fragrance d’outre-monde,
On dirait mille harpes d’air
Glissant au milieu des palmiers
Quand le simoun venu du sud
Fait bruire leurs longs rameaux verts…

Je l’ai bue cette eau si magique,
Cette eau d’étoile au creux du puits,
Aux transparences galactiques,
Belle comme une mélodie
Et fraîche comme une prairie
Baignée de rosée ou de pluie,
Elle éteint toutes les pensées
Qui ne soient de limpidité…

Qui la goûte n’est plus le même,
Elle ouvre l’oasis suprême
Qui gît tout au fond de notre âme
Dans la splendeur bleue de ses palmes
Rayonnant l’indicible Calme…


***


IMAGES DU DESERT
POEME
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION
D’UNE ÉGLANTINE D’ARGENT
A
MME FREDERIQUE RAMOS
DE DRAVEIL, DANS L’ESSONNE.

Des silhouettes qui passent
Ombres vagues et pâles
Trace humaine, animale
Qui s’inscrit dans le sable,
Tant de pas de nomades
Effacés par les vents
L’amble long des chevaux
Les sabots des chameaux
Gravant en éphémère
Leurs empreintes parfaites…
Le temps qui se déroule
Sur un fil de lumière
L’aveuglance absolue
Des images du ciel
La chute du soleil
Sur les têtes voilées
Et le puits silencieux
Émergeant des mirages,
Le destin qui s’inscrit
Dans le rond des nuages
La rougeur du couchant
Baignant les hamadas
Et la splendeur lunaire
Sur l’erg ensommeillé
Quand le désert glacé
S’endort pour mieux rêver…

***



UNE MESANGE A TETE NOIRE

RONDEL
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION
D’UN ŒILLET D’ARGENT
A
M. ANDRE PELISSERO
DE LA DESTROUSSE, DANS LES BOUCHES-DU-RHONE.




Une mésange à tête noire
À mes carreaux vient picorer,
Vient elle se faire admirer
Ou me conte t elle une histoire ?

Aucun relief de réfectoire
Ne pouvant, ici, l’attirer,
Une mésange à tête noire
À mes carreaux vient picorer

Il me vient le désir de croire,
Sans vouloir tout édulcorer,
Que réclame de figurer
Sur les pages du grimoire,
Une mésange à tête noire.

***


ÉTE

POÈME
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION
D’UNE MEDAILLE D’ARGENT
A
M. GILLES LE SAUX
DE DINAN, DANS LES COTES-D’ARMOR.



Dans les jardins, le bel Été
A dansé nu pour ceux qu’il aime,
Il a ri, il a chanté même
Lorsque juillet l’eut invité.

Et le monde entier a chanté,
La tourterelle et le grillon,
En admirant le bel Été
Danser tout nu sur un rayon.
On aurait même pu le suivre
Le vieil Hiver tout égrotant
Qui réchauffait ses doigts de givre
À la flamme de ses vingt ans.

Il dansait dans le vent volage
Souple et mince sur sa chanson,
Comme un roseau. À son passage
On voyait lever la moisson,
Blondir le grain, gonfler la grappe,
Et les fruits rougir à loisir,
Sous le blanc talon qui le frappe
Le sillon frémir de plaisir.

Puis quand sa corbeille fut pleine
Le bel Été s’est reposé,
Puis s’est penché sur la fontaine
Et de son miroir irisé
S’est amusé à troubler l’onde
En y baignant son corps brillant,
A fait un salut à la ronde
Puis nous a quittés en riant.

Depuis, j’espère, triste amante,
Le bel enfant des jours joyeux,
Dont la lumière éblouissante
Est venue enchanter mes yeux.


***


AVE MARIA
SONNET
AYANT MERITE L’ATTRIBUTION

D’UNE MEDAILLE D’ARGENT
A
MME VERONIQUE FLABAT-PIOT
D’ERQUELINNES, EN BELGIQUE




Mère, sois indulgente…Il me manque le temps
D’aller m’agenouiller, humblement, à l’église
Ou de me joindre au chœur, qui chante et vocalise
Pour louer Ton prénom, dessous les arcs boutants.

Quand je m’adresse à Toi, mes mots sont hésitants,
Ignorants des motets que l’ombre sacralise…
Mais sous Ton doux regard, l’esprit se tranquillise
Car il sait Ton amour pour les cœurs repentants !

Je reconnais, Marie, avoir bien des faiblesses
Et ma pauvre âme craint que nombre de diablesses
La poussent, sans Ton aide, à vivre en paria !

Je mets donc à Tes pieds mes gestes d’ouvrière :
Qu’ils soient, chaque seconde, un « Ave Maria »
Élevant, vers Ton ciel, mon ardente prière…

***